Le 27/01/2008
« Je voulais faire du maraîchage biologique sur 2 hectares avec une commercialisation en AMAP » (40 paniers prévus pour l'été 2007, 55 en 2008, 70 en 2009).
Je n'avais aucun capital de départ il me fallait faire une demande pour obtenir la subvention DJA : Dotation Jeune Agriculteur. Pour cela :
J'ai du faire le « stage 6 mois » et le « stage 40h » pour prétendre à la Dotation Jeune Agriculteur.
Il ne faut avoir signer aucun bail ni être inscris à la MSA comme agriculteur principal. Donc, mon installation ne pouvais être officielle avant cela.
10 personnes me versent à l'avance la totalité du prix du panier (22 €) sur 6 mois.
La première saison d'été a été une belle production d’été.
En même temps, je préparais les plantations pour la saison d'hiver 2007/2008 . Je prévoyais 20 paniers de plus pour passer à 40 paniers et pouvoir sortir un salaire, ce qui n'avait pas été le cas, étant donné les péripéties administratives et les limites de ma capacité de travail, du fait de l' installation.
J'ai travaillé seule et c'était très difficile.
Je suis dans une région froide en hiver La production en souffre et les paniers d’hiver sont décevants au vu de ce qui a été planté. Mais nous allons clôturer la première année, peut-être la plus difficile à vivre. Dès la deuxième année les rotations des cultures vont se chevaucher et ce ne sera plus comme l'année 2007, partie de rien.... et je devrai pouvoir embaucher quelqu'un pour m'aider. »
Linda a aussi présenté son projet d'installation lors des témoignages en plénière le lundi 28 janvier .
Pour retracer succinctement sa situation, Linda est installée depuis l'été 2007 sur un terrain mis à disposition par la Mairie d'Aubagne, ce qui a permis à Linda de ne pas supporter les difficultés du foncier, il y a eu suffisamment de péripéties pour son installation et sans cette facilité elle n'aurait pu s'installer.
De même que sans la solidarité des consommateurs partenaires de l' AMAP, le projet n'aurait pas pu voir le jour non plus.
Pourtant , après la visite chacun aura pu admirer le courage de Linda mais aussi chacun aura pu mettre en évidence les difficultés et la précarité de la situation. Indépendamment du soutien des consommateurs, son installation a été un véritable « parcours du combattant » .
Linda étant seule, elle a accépté seulement 20 paniers pour démarrer son AMAP, comme il faut 40 panier pour rémunérer « un travailleur » vous réaliserez que Linda n'a pas eu de salaire les 6 premiers mois.
Actuellement, en février, Linda vit la difficulté d'avoir des paniers peu remplis, à cause d'un fort gel en octobre. Ces conditions fragilisent l' AMAP en elle même (voir Forces et Faiblesses du concept dans les conclusions du colloque du 28/01/2008) et ajoutent à toute cette charge de travail, une précarité de sa situation.
Pour faire comprendre et accépter les contraintes des consommateurs, et qu'ils ne se désistent pas pour la saison suivante, il faudrait faire beaucoup de communication et une sensibilisation sans relâche. Mais Linda a de dures journées et le temps lui manque pour faire la lettre ......
Cela pose le problème de l'installation; Devant tant de difficultés, est-ce qu'on arrivera à installer d'autres jeunes ?
Alors que les consommateurs sont toujours plus nombreux à vouloir faire partie d'une AMAP, est-il bien normal que, seuls, les consommateurs aient à soutenir les difficultés d' un jeune qui s'installe.
Comment arriver à attirer des jeunes dans des conditions de travail si difficile.
Le bilan de l'installation de Linda n'est pas un échec, elle a été bien accompagnée, il n'y a pas eu d'erreur du au manque d'expérience, c'est simplement les aléas climatiques qui mettent en évidence la faiblesse du concept. Bien sûr, Linda reste bien motivée, son projet a été bien construit et le soutien de ses consommateurs l'a beaucoup aidée et la solidarité est encore forte pour certains.
C'est malgré tout un démarrage trop difficile, nous devons l'aider encore à réfléchir sur les solutions à apporter pour améliorer ses conditions de travail et de rémunération.
Ce débat va être élargi à tous ceux qui ont le souci de pérenniser les AMAP et de rendre l'installation des jeunes plus attrayante.
Comme vous avez pu le voir dans la présentation de Linda, les aides officielles comme la Dotation Jeune Agriculteur ne sont pas suffisantes pour prendre en compte l'installation et la rémunération décente du travail du jeune agriculteur.
Alors que l'installation d'un jeune agriculteur dans ce type d'agriculture durable, peut être considéré comme « projet de développement durable », la question doit être posée au niveau politique et institutionnel :
Pourquoi ces projets d'installation de jeunes agriculteurs ne seraient-ils pas plus facilités et soutenus en tant que tels, comme le sont divers autres projets de développement durable ?
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